REGARDER LA VIE

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Vision du monde

322 Rythmes du Pacifique

322 Rythmes du Pacifique

Notre vision du monde, avec le temps, et la durée d’une certaine permanence des objets et phé­nomènes, est comme une succession de pauses plus ou moins longues qui se chevauchent : une série d’images ; mais au lieu d’avoir des pauses photographiques d’un soixantième de seconde – un temps très long par rapport à la vie d’une particule –, nous avons des pauses d’une heure, un an, vingt ans, cinquante ans, deux mille ans – un instantané par rapport à la vie des astres et des galaxies.

Dans l’instantané d’une photo, il y a le grouillement de millions de cycles de vie et de mort, comme dans toutes les perceptions de notre vie de quatre-vingts ans – pour l’univers, un flash instantané et immobile.

Si nous ne considérons que la rotation de la terre, en un soixantième de seconde, un objet parcourt 7,7 mètres (il se déplace à 1666 km/h), sans parler du mouvement de la terre autour du soleil (100 000 km/h) ! Le tiraillement entre l’infiniment petit et l’infiniment grand : nous ne perce­vons ni l’un ni l’autre avec nos sens ! Ils sont pourtant la réalité au milieu de laquelle nous vivons, celle qui nous constitue et est notre environnement nourricier. 

Déjà à notre échelle, dans la montagne, le désert, la jungle, la mer … nous sommes bien peu de chose ; pour ne pas parler de l’espace.

 

10 avril 1990, Bangkok

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