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Évaluation et évolution

174 Pas perdus sur les trottoirs du tango

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S’il n’y a pas d’évaluation, il n’y a pas d’évolution possible, dit Jean-Jacques Crèvecœur.

Croyance ou hypothèse douteuse et, à la limite, dictatoriale.

Qui évalue ? Le mental humain qui se prend pour Dieu ?

Selon quels critères évalue-t-il ? Selon ses intérêts personnels et égoïstes… à la limite ceux de son groupe ou ceux de la race humaine, au détriment des autres ou du reste de la nature ? Selon ce qu’il considère comme bien ou mal ?

Où a conduit l’évaluation humaine depuis quelques siècles, ou quelques millénaires ? À quel genre d’évolution ? 

« Évolution : Transformation du caractère, du comportement, des opinions de quelqu’un au cours du temps. Ensemble de ces modifications, stade atteint dans ce processus, considérés comme un progrès. » (Larousse)

L’évolution n’a de sens que dans l’hypothèse d’un temps linéaire, qui se déroule du passé vers le futur, une hypothèse discutable, basée sur le bas niveau de conscience et la capacité de perception limitée de l’homo sapiens. L’évolution signifierait également le passage d’un état considéré comme peu évolué (inférieur) vers un état considéré comme plus évolué (supérieur). Il faudrait alors trouver une autorité qualifiée pour juger objectivement des degrés d’évolution. C’est ce que certains attendent peut-être de l’IA, l’intelligence artificielle !

Le concept darwinien de l’évolution des espèces vivantes a fortement influencé la vision du monde qui a prévalu depuis le 19ème siècles, et qui prévaut encore aujourd’hui. Elle a permis, et justifié, les importantes et rapides transformations de nos sociétés, dans les domaines industriel, scientifique, économique, technologique et social. Reste à savoir s’il y a lieu de considérer ces transformations comme une évolution, c’est-à-dire un progrès.

C’est cette prétendue évolution qui a conduit à la situation et à la crise actuelle : la croissance économique, le « progrès » à tout prix, le pouvoir des plus forts et des plus riches. Et, en conséquence : la destruction de la planète, l’épuisement des ressources, la pollution, la famine et la misère, un monde et une population de plus en plus malades, la manipulation du peuple par une petite minorité.

L’évolution, s’il y a une évolution, ce n’est pas à l’homme de la dicter selon ses intérêts anthropocentriques, mais à la nature, selon son intelligence naturelle qui gère l’harmonie du tout.

Le mental humain n’a jamais eu l’autorité indiscutable que beaucoup lui attribuent, tant au niveau collectif qu’au niveau individuel.

Une société qui donne, et se donne, le droit d’évaluer les autres, déjà à l’école, faut-il la considérer comme très évoluées ? J’en doute.

Et lorsqu’on s’évalue soi-même afin de mieux évoluer, c’est avec quels objectifs, et en vue de quel genre d’évolution : gagner plus d’argent, avoir plus de pouvoir, être capable de mieux imposer ses idées aux autres ?

 

3 mai 2021, Khanom

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